PLATE-FORME
SYNDICALE
POUR L’APPLICATION
DE LA LOI N. 194 du
22.5.78 (Instructions pour la protection sociale de la maternité et sur l’interruption volontaire de grossesse).
Lors de l’Assemblée du 26 juin 1978, convoquée par la Fédération des travailleurs hospitaliers (FLO) avec la participation de représentantes de l’Intercatégorielle femmes de la CGIL-CISL et de l’UIL, de la Coordination des « Consulted », de représentantes de l’UDI et des collectifs féministes de Turin (1), il a été discuté et examiné jusqu’à quel point la loi N° 194 était appliquée dans la province de Turin, un mois après son entrée en vigueur.
Ce qui est ressorti des inte les o cation de la loi risquaient de rendre vaine la lutte cont_ destin, l’ob la b Moi et être l’e men
T. mes tées aux carences traditionnelles des structures socii durée des délais requis pour les examens médicaux , manque de structures ambulatoires permettant de procéder à des interventions sans avoir recours au séjour à l’hôpital, et sans encombrer le peu de lits disponibles ; absence des départements d’urgence revendiqués par le Mouvement syndical depuis des années, etc. Sans compter qu’à toutes ces carences s’ajoute le problème des médecins usant de la « clause de conscience » (à l’Hôpital Martini, par exemple, la totalité du personnel médical et para-médical refuse de faire des avortements).
En ce qui concerne la question des lits disponibles, en particulier, on a dénoncé l’utilisation politique que les médecins faisaient de cette question, pour maintenir leur pouvoir dans l’organisation du travail. A l’hôpi- convoquées pour l’admission à sept heures du d’entre eux ne sont pas valides. Ce qui multiplie les coûts et les délais nécessaires.
Quant à l’utilisation de la « clause de conscience », ce qui ressort des observations effectuées dans divers hôpitaux, c’est que, pour beaucoup de ceux qui refusent de faire des avortements, il s’agit d’une volonté politique de ne pas appliquer la loi plutôt que d’un réel problème de conscience pour l’individu.
Enfin, pour ce qui est des services à disposition, il existe aujourd’hui douze « consulted » sur le territoire de la Commune de Turin, et trente-et-un dans le reste de la province. Ce qui signifie que les « consultori » de Turin doivent se charger au minimum de deux quartiers chacun, et que presque tous (à Turin comme dans la province) fonctionnent avec des horaires d’ouverture réduits.
Sur la base de cette analyse sommaire, l’as-sémblée a décidé d’im-, puiser une phase de mobilisation pour soutenir les revendications suivantes :
DSous peine d’être dénoncés pour manquement au service public, les hôpitaux doivent garantir aux femmes la possibilité d’avorter. Il faut que cela corresponde au nombre de lits disponibles nécessaires et à l’ac- terventions. Les décisions concernant l’utilisa- men ent fait qu vi
Sainte-Anne, on n’accepte pas les examens rieur, car les médecins prétendent que la moitié d’accueil doivent passer par une seule structure totalité des lits disponibles, les décisions à ce propos étant prises chaque soir pour le lendemain. Des moments de discussion collective doivent être organisés, y compris pour les femmes venant sur la proposition d’un médecin privé. Dans la mesure du possible, les femmes qui doivent avorter ne devraient pas être placées dans les chambres des femmes qui sont là pour accoucher, mais elles devraient pouvoir être ensemble afin d’affronter l’intervention en commun, d’un point de vue pratique comme d'un point de vue psychologique.
Pour ce qui est de la méthode d'avortement. les hôpitaux doivent disposer du matériel permettant de répondre à la demande des femmes, en tenant compte de la nécessité d'abréger au maximum les délais d'hospitalisation, ce qui revient à éviter chaque fois que possible que les femmes n .uent à passer la nuit a i nôpital. Mais ce ne sont pas les avortements qui peuvent permettre d’introduire ce type de solutions -, ce qu’il faut rediscuter, c’est toute la pratique hospitalière par rapport aux petites interventions qui devraient être faites dans le cadre de structures comme les « Hôpitaux de jour ». Dans tous les hôpitaux, il faut impulser un débat sur l’organisation du travail afin d’empêcher que l’augmenta-tra-sur quelques-uns. et il faut introduire un système de Ê du l’hô-jivestis-ips des la
/ation, ïttre à Irtificat :rivant trois er le motif de l’hospitalisation. 2) Les administrations
" .............. .. ............ /ent s’engager, d’ici le 31.12.78, jà. ouvrir dans chaque zone un « consul-torio » qui puisse devenir le centre des futurs services ambulatoires locaux. Les « consultori » doivent être avant tout des lieux de regroupement (disposant pour ce faire des locaux nécessaires, et avec des horaires d’ouverture très larges) capables de délivrer les certificats dont les femmes ont besoin. Ils doivent surtout permettre une discussion collective sur les problèmes relatifs à l’avortement et à la contraception, que ce soit avant ou après l’intervention, et à partir des exigences mises en avant par le mouvement des femmes. De ce fait, l’organisation du travail devrait s’articuler autour de quatre points :
-discussion individuelle, remise de certificat et demande d’examen .
-discussion collective des femmes qui avortent dans la semaine, avec un jour fixé à l’avance ;
-contrôle par rapport à l’intervention ;
-contrôle après l’intervention et retour au « consultorio ».
Une telle méthode de travail facilitera l’autodétermination des femmes ainsi que la mise en commun des problèmes relatifs à l’avortement. Elle permet un réel control* », des usagères sur le service et débouche sur une action de prévention où chaque femme peut s’impliquer pleinement.
En conséquence, les communes devront assurer la présence de médecins acceptant de faire des avortements et n’usant pas de pratiques répressives. Chaque « consultorio » devra être directement relié à un hôpital de zone garantissant que les demandes transmises soient acceptées.
Ceci nous ramène à l’importance de l’existence de zones géographiques déterminées, pour tous les problèmes relatifs à la santé des travailleurs. Car c’est la seule manière pour que ces derniers détiennent une force susceptible de se transformer en un contrôle collectif.
Pour que le contrôle des travailleurs sur l’hôpital soit possible, il faut que les rapports entre l’hôpital et les « consultori » soient inversés dans le sens d’une primauté donnée à la structure locale.
C’est pourquoi le personnel des structures ambulatoires doit être le même que celui qui travaille à l’hôpital, afin de créer une continuité dans l’intervention et dans les rapports avec les usagères, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’hôpital. De cette façon, les médecins pourront répondre aux exigences des femmes et s’inscrire dans une réalité locale en se penchant sur les problèmes de la prévention et de la santé des femmes.
3) L’administration régionale doit imposer le respect de la loi aux hôpitaux, faisant en sorte qu'aucun hôpital� ne puisse se soustraire à cette obligation sous prétexte de l’utilisation de la « clause de conscience ». A cet effet, la région doit assurer l'ouverture dans toute la région de centres ambulatoires où il soit possible d’effectuer des avortements jusqu’à la huitième semaine. De tels centres doivent être organiquement liés aux hôpitaux, sur la base du modèle départemental. En ce qui concerne la mobilité du personnel, laquelle peut s'avérer necessaire en fonction du nombre élevé de médecins refusant de faire des avortements, nous demandons qu’elle ne soit pas assurée par le biais d’équipes volantes, mais au travers de la mobilité des médecins et du personnel attachés à une zone déterminée : chaque médecin ou chaque équipe sera ainsi responsable d’un quartier ou d’une région délimités.
Pour ce qui est des examens médicaux, l’administration régionale devra garantir qu’ils puissent être effectués dans un délai de sept jours et qu’ils soient reconnus comme valides par les hôpitaux.
En outre, elle devra mettre sur pied immédiatement des cours de formation médicaux et para-médicaux, abordant non seulement les aspects techniques ou relatifs à l’organisation de l’avortement, mais qui touchent aussi au problème des relations avec les usagères, dans la mesure où la loi prévoit expressément un rapport direct entre le personnel et les femmes afin de clarifier toutes les implications de l’intervention. De tels cours doivent être ouverts à tous ceux et à toutes celles qui le désirent.
L’assemblée insiste sur le fait que, seule une mobilisation la plus large possible sur les lieux de travail, permettra d’atteindre ces objectifs, mobilisation impliquant d’abord les femmes, car ce sont les premières intéressées à la solution de ces problèmes.
Il est donc urgent que l’ensemble du mouvement syndical rattrappe le retard qu’il a pris et qui a caractérisé son manque d’initiative sur ce terrain. Il faut qu’il assume la direction politique de cette bataille dont les axes centraux sont la santé des femmes, la réforme des structures sanitaires et le contrôle sur le pouvoir des médecins.
C’est pourquoi il est proposé :
-que dans toutes les entreprises et sur tous les lieux de travail se tiennent des assemblées de travailleurs, et en particulier de travailleuses, pour l’information et la discussion sur la loi et son application. Ces assemblées devraient être précédées d’assemblées de délégués et de déléguées par zone. De ces assemblées devront surgir des initiatives concrètes pouf l’organisation de la lutte au niveau local ;
-que l’ensemble du mouvement syndical assume la direction du débat dans la confrontation avec les autorités régionales, communales et hospitalières, et qu’il mène une bataille sur le plan politique et social pour que la loi soit effectivement appliquée, pour que ses limites mêmes soient dépassées et pour vaincre les forces conservatrices qui s’y opposent.
Le secrétariat FLO L’Intercatégorielle femmes
CGIL-CISL-UIL
Notes
- (I ) CG1L : Confédération générale italienne du travail à majorité communiste.
- C1SL : Confédération syndicale italienne des travailleurs, liée à la Démocratie chrétienne.
- • UIL : Union italienne du travail, social-démocrate UDI : Union des femmes italiennes, liée au Parti communiste
- Intercatégorielle : Structure intersyndicale qui rassemble des militantes des divers syndicats. ainsi que des nons syndiquées.