La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

Extraits de la résolution sur l'intervention femmes dans les syndicats, adoptée par le C.C. de la LCR en octobre 77

Cahiers du féminisme, n° 7, décembre 1978 - janvier 1979 · p. 25 · 926 mots

Mouvement des femmes et lutte de classe, édition de la taupe rouge

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Extraits de la résolution sur l'intervention femmes dans les syndicats, adoptée par le C.C. de la LCR en octobre 77

L’aval que donnent aujourd'hui les directions du mouvement ouvrier à la création de commissions femmes syndicales, quelles que soient les intentions canalisa-trices dont il témoigne, légitime désormais auprès de la masse des travailleuses la lutte dans l'entreprise contre l'oppression et la surexploitation, en même temps que la bataille contre le sexisme au sein du mouvement ouvrier mixte.

Impulser des commissions femmes syndicales

L ’ impulsion des CF syndicales est une tâche décisive de l’organisation dans son travail ouvrier, parce quelles sont un lieu privilégié de la radicalisation des travailleuses à une échelle de masse.

La CF doit pouvoir regrouper toutes celles et tous ceux (même s’ils ne sont pas nombreux) qui seront déterminés à mener la bataille pour la prise en charge des revendications contre l'oppresion.

L'alternative, pour nos camarades comme pour l'ensemble des travailleurs, n’est pas participation éventuelle à la CF ou rien du tout : ils doivent systématiquement se battre dans les sections syndicales pour la reprise en charge des exigences des travailleuses et pour que leur point de vue irrigue clairement l’activité et le fonctionnement du syndicat, afin, notamment, de favoriser leur participation pleine et entière à la vie syndicale.

Éclairer d’un point de vue féministe, toutes les batailles syndicales

Cela signifie en particulier lutter :

— pour la baisse massive du temps de travail pour hommes et femmes, tout de suite ; non seulement pour répondre au problème du chômage mais aussi comme condition préalable pour remettre en cause la division sexuelle, traditionnelle des tâches ; — contre la remise en cause du droit au travail des femmes par la généralisation du temps partiel et le développement du travail intérimaire, par l’instauration du congé sans solde de deux ans pour les femmes après le congé de maternité ;

— pour des crèches de qualité ;

— contre les conditions de travail lamentables, du point de vue des plus exploitées, les femmes : cadences, rémunérations au rendement, tâches répétitives ;

— lutter sur la formation professionnelle du point de vue des moins qualifiées et de celles qui ont le plus de mal à accéder à une qualification, compte tenu de leur place dans la famille ;

— lutter pour le droit aux congés parentaux, etc. ;

— lutter pour imposer des conditions correctes pour les femmes enceintes : cadences, temps de pause, etc.

— lutter contre les violences, les agressions sexistes que subissent les femmes dans la rue, à l’usine ou au bureau.

— saisir toutes les occasions de débattre et de remettre en cause les schémas dominants de la sexualité (femmes comme objets sexuels ou ménagères, mères de famille), que ce soit dans le langage, les comportements quotidiens...

— lutter pour l’ouverture de centres d’orthogénie de qualité contrôlés par les femmes et les employés de ces services...

— dans la lutte anti-hiérarchique, mettre en évidence la subordination des femmes aux hommes ;

— se battre contre la division sexuelle des tâches au sein du syndicat comme à la maison (aux femmes les tâches administratives, les corvées ménagères, la garde des enfants, aux hommes les responsabilités politiques, etc.). Poser, en particulier, le problème des crèches pendant les réunions.

Par principe, toutes ces batailles sont des batailles mixtes et donc tous les militants de notre organisation, hommes et femmes, doivent être à même de les impulser. Pourtant, aujourd’hui, c’est très rarement le cas.

La fonction des CFS

Une commission femmes syndicale a pour fonction première d’organiser l’activité syndicale, en direction des travailleuses, d’obliger par son activité l’ensemble du syndicat àprendre la question en charge, autrement dit d’assumer la bataille au sein du syndicat et parmi l’ensemble des travailleurs (...)

Les CFS ne sont aujourd'hui que des commissions à caractère consultatif ; elles n'ont pratiquement aucun pouvoir de décision, ni d’initiatives sur les entreprises. Leur râle reste souvent limité d’autant plus quelles se heurtent non seulement aux résistances bureaucratiques, mais surtout à la passivité et à l’inertie de la masse des syndiqués, hommes principalement.

C’est pourquoi nous devons tout mettre en oeuvre pour favoriser, dans les sections syndicales, les initiatives proposées par les CFS en direction des travailleurs et principalement des travailleuses de l’entreprise, pour développer des luttes contre tous les aspects de l'oppression des femmes.

C’est-à-dire tourner les CFS vers une pratique de masse en direction des travailleuses, en accord bien évidemment avec les sections syndicales. Ce qui par ailleurs favorisera l’expression de la radicalisation des travailleuses au sein même des organisations syndicales.

Au fur et à mesure des progrès de cette bataille, le rôle et la place des CFS seront évidemment modifiés, du fait de l'élargissement de la radicalisation des femmes travailleuses et de la construction du mouvement autonome des femmes à travers le développement de la lutte contre l’oppression .(...)

Si, dans l’avenir, les CFS en viennent à bénéficier d’une reconnaissance franche par le syndicat, à être investies de sa confiance sur la base d’un accord réel avec la lutte des femmes contre leur oppression, à élargir leur capacité d’initiatives et leur audience auprès de la masse des travail-leu(r)ses, leur rapport au mouvement autonome en sera modifié dans le sens d’une participation à part entière aux initiatives du mouvement des femmes.

Une bataille pour la reconnaissance du mouvement des femmes

Cela non seulement ne nous dispense pas, mais doit être au contraire l’occasion d’une bataille pour la reconnaissance de fait de la légitimité d’un mouvement autonome de femmes, regroupant largement les femmes travailleuses, syndiquées ou non.

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