La presse de la LCR

Archives des publications de la Ligue communiste révolutionnaire, section française de la IVe Internationale

En France, si vous saviez....

Tu es, vous êtes, vous serez exclu(e)s...

Cahiers du féminisme, n° 78, automne 1996 · p. 20 · 922 mots

-1988 : création du revenu minimum d’insertion. Il est attribué de droit à toute personne résidant en France, âgée de plus de vingt-cinq ans ou ayant au moins un enfant à charge et dont les ressources sont inférieures au revenu minimum. Son montant maximal est de 2 374 F pour une personne seule et de 3 561 F pour un couple, complété pour chaque enfant à charge. Au 30 juin 96, il y avait 993 964 bénéficiaires. Avec les conjoints et les enfants, 1,8 million de personnes vivent du RMI. En 1990, 510 000 personnes bénéficiaient du RMI. Aujourdhui, les moins de trente ans représentent 35 % des allocataires et il y a parmi eux de plus en plus de jeunes diplômés. Les femmes seules avec enfants (85 % des familles monoparentales) sont surreprésentées parmi les RMIstes. En 1995, les femmes ont également représenté 50 % des personnes accueillies par le Secours catholique. Dans le même temps, il y a eu rajeunissement des personnes secourues. En 1995, 61 % avaient moins de quarante ans. Aujourd’hui, plus de 1,5 million de personnes perçoivent le RMI ou l’allocation de solidarité spécifique ou l’allocation de parent isolé...

-En août 1995, le chômage touchait officiellement 12,6 % de la population active, plus de trois millions de personnes, sans compter les salariés précaires dont le nombre ne cesse d’augmemter. Pour les jeunes de 15 à 24 ans, le taux de chômage atteint 26 % mais 31,7% pour les jeunes femmes ! Parallèlement, le travail à temps partiel (essentiellement féminin), ne cesse de gagner du terrain, dans le commerce et les services principalement. En mars 1996, la part des salarié(e)s a temps partiel atteignait 18 % environ dans le commerce. Dans ces conditions comment peut vivre une caissière de grande surface, seule avec un enfant, payée sur la base du SMIC et qui travaille 32 heures par semaine ?

-Le SMIC est passé au 1er juillet 1996 à 5018, 13 F net pour 39 heures par semaine.

Officiellement, sont considérées comme pauvres les personnes disposent de moins de 3000 F par mois.

4 millions de personnes au moins sont considérées comme telles en France. Mais 51 % des personnes interrogées cet été pour un sondage publié dans le Parisien le 26/6/96 avouaient redouter de basculer dans la pauvreté. La pauvreté venait au second rang de leurs « grandes angoisses ».

Logement

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Selon le recensement de 1990, déjà dépassé, les mallogés, ceux qui sont condamnés à un habitat précaire et insalubre, ceux qui n’ont pas de logement, sont près de 4 600 000. Les estimations du nombre de SDF varient de 98 000 à 800 000 personnes en France ! Si l’on sait (de source officielle) que 6 000 femmes et enfants sont aujourd’hui présents dans les centres d’hébergement et de réadaptation sociale (CHRS), il est impossible de dire combien de personnes sont globalement hébergées dans tous les centres d’accueil provisoires, d’autant que la situation est variable, suivant les saisons notamment.

En 1990, 59 000 personnes auraient ainsi connu ce type d’hébergement provisoire, sur une période plus ou moins longue.

A Paris, il faut patienter cinq à sept ans (si tout va bien) pour obtenir un logement en HLM. En France, aujourd’hui, il y a environ un million de demandes en instance pour une offre de 350 000 logements par an.

Entre 1991 et 1992, on n’a construit que 40 000 logements sociaux par an contre 110 000 dans les années 60-70.

La tendance à l’appauvrissement des locataires de HLM se confirme et les conditions de logement se dégradent, en particulier pour les ménages ouvriers. Les étrangers, eux, se heurtent à la pratique généralisée des quotas dans les HLM. Pas plus de 10 % d’étrangers tolérés !

Ce qui est prévu

L’allocation de rentrée scolaire est passée de 1500 F à 1000 F cette année. Dans le cadre du projet de budget 1997, on organise la fiscalisation des indemnités de maternité à compter de l’imposition des revenus de 1996. Pour réduire les dépenses de la Sécurité sociale, on annonce des « réformes » pour le moins inquiétantes : les critères d’attribution de certaines prestations, comme les aides au logement, ou l’allocation de parent isolé (qui bénéficie quasi exclusivement aux femmes seules avec enfant) seront révisés, pour économiser 750 millions de francs.

Par ailleurs, dans le cadre de l’avant-projet de loi contre l’exclusion, le financement des contrats d’initiative locale (CIL) sera réalisé par le « redéploiement » des aides sociales déjà existantes et en particulier en « rognant » sur 1’ allocation de solidarité spécifique, l’ASS, actuellement versée aux chômeurs en fin de droit.

A lire

Toutes les informations sont tirées de la presse quotidienne (en particulier Libération et le Monde des mois de septembre et octobre). Par ailleurs, de nombreuses études et rapports ont été publiés sur l’exclusion, la pauvreté, les inégalités, la précarité ; On peut se reporter utilement aux publications suivantes :

-Précarité sociale, cumul des risques sociaux et médicaux. Enquête du CREDES publiée à la mi-août 1996. Ecrire au service diffusion, 1, rue P.Cézanne, 75008 PARIS. Tel. : 01.40 76.82.07.

-Etude du ministère du travail sur l’évolution du travail à temps partiel, publiée à la mi-août 1996 {Cf. Libération du 18/8/96).

-Etude de l’ INSEE sur le revenu et le patrimoine des ménages, publiée le 25/9/96.

-Dossier à destination des élèves sur l’exclusion, publié en octobre 1996 par le CNDP sous le titre « L ’exclusion. La cohésion sociale menacée », n° 721 des textes et documents pour la classe. 25 F.

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